Voici différentes méthodes

La méthode TEACCH

Née d’un groupe de comportementalistes au début des années 60 en Caroline du Nord aux Etats- Unis, la méthode teacch est une approche développementale ayant pour but d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes dans leur milieu familial et scolaire, leur permettant dès lors d’être mieux intégrés dans la société.

Cette méthode est basée sur une structuration de l’environnement et du temps essentiellement visuelle, ainsi que sur un espace et une méthode de travail structurée et individuelle. Ainsi, après une observation des besoins et capacités de la personne autiste (enfant ou adulte), on met en place différents outils de structuration du temps ou de l’espace. On répond alors au besoin d’être rassuré, et d’avoir un cadre fixe et clair, de la personne autiste.

Le premier outil mis en place est généralement l’emploi du temps visuel, sous forme d’images choisies de manière à ce que la personne autiste, dans son individualité et ses spécificités, puisse comprendre, et qui représente les différentes activités de la journée ainsi que son déroulement. La personne peut alors prévoir ce qui va se passer et appréhender plus facilement les différents changements de la journée.

De la même manière, on va structurer les moments d’enseignement avec les personnes autistes, en les délimitant visuellement dans le temps et l’espace toujours grâce à l’utilisation d’images, en séparant les activités devant être exécutées par des paniers, récompenses à l’appui lorsque tout a été fait correctement. La personne autiste devient alors petit à petit autonome dans son travail.

On utilise également les outils de la méthode teacch pour différents apprentissages liés à l’autonomie en décortiquant visuellement les étapes pour différents apprentissages, comme se laver, s’habiller, se brosser les dents, etc… Tout, ou presque, est imaginable suivant les besoins de la personne autiste.

L’important est d’abord de bien choisir les images qui seront alors utilisées de manière à ce que la personne comprenne leurs significations. Pour cela, il existe différents programmes de pictogrammes ou de dessins qui sont plus explicite. On peut aussi utiliser des photos prises directement dans l’environnement de la personne autiste, et même parfois utiliser directement des objets, qui sont encore plus concrets.

La méthode PECS

Développée en 1985 aux Etats-Unis, la méthode Pecs est une méthode de communication par échange d’images. Cela permet de pallier aux difficultés de communication orale par le langage de manière fonctionnelle.

Ce système alternatif à la communication se présente sous forme d’un classeur, dans lequel sont rangés plusieurs images à l’aide de bandes velcro adhésives.

L’apprentissage de l’utilisation de cet outil se fait en plusieurs étapes avec la personne autiste. En commençant par une image pour demander un objet, puis en allant jusqu’à l’association de plusieurs pictogrammes qui permettent la formation de phrases complètes sur une seule “bande phrase”. Une communication sous forme de questions – réponses est dès lors possible, même chez une personne non-verbale.

La crainte le plus souvent entendue vis à vis de cette méthode est que l’enfant autiste ayant un retard de l’acquisition du langage n’apprenne jamais à parler, se contentant d’échanger des images.

En réalité, c’est tout le contraire qui se produit. L’utilisation d’images représentant des mots les rendent plus concrets, moins éphémères et, du coup, soutiennent le langage et encouragent l’enfant à prononcer des mots. Ainsi, beaucoup d’enfants et même d’adultes autistes ont acquis le langage oral grâce à la soutenance visuelle des mots apportée par cette méthode.

De plus, cette méthode offre la possibilité à la personne autiste de communiquer ce qu’elle désire d’une manière appropriée même si celle-ci n’a pas accès au langage oral. Cela limite fortement la frustration de ne pas être compris et de ne pas obtenir ce qu’elle souhaite. On observe donc une diminution de l’angoisse et des comportements inadaptés, inappropriés ou socialement inacceptables.

La méthode ABA

Cette méthode comportementale a pour but de faire disparaitre les comportements indésirables afin de favoriser les comportements désirables pour une meilleure intégration.

La méthode ABA se veut intensive, par le biais de séances individuelles de travail (au moins 30 à 40 heures par semaine) avec un éducateur spécialisé, formé à cette méthode. Le rôle de l’éducateur est d’observer et analyser le comportement de l’enfant, afin de cibler les difficultés, les besoins, les centres d’intérêt… et agir en réponse à ses comportements suite à diverse sollicitations, dans un cadre scolaire.

Chaque comportement, réponse, action correcte de l’enfant est récompensé par quelque chose que l’enfant aime (renforçateur positif), cela peut être manger un bonbon, jouer quelques minutes avec son objet préféré,… les renforçateurs sont déterminés selon les intérêts de l’enfant.

Si le comportement de l’enfant est considéré comme inapproprié, il est alors ignoré ou corrigé de manière neutre.

Ce mode d’éducation appliqué lors des séances ABA doit être généralisé dans tous les environnements de l’enfant, à chaque instant de sa vie (en famille, à la maison, à l’extérieur…).

Bien que cette méthode ait largement fait ses preuves outre-Atlantique, où certains Etats interviennent financièrement afin que les familles puissent pallier aux frais onéreux liés à la prise en charge par le biais de cette méthode, en Belgique, elle n’est pas reconnue, et la grande majorité des enfants autistes ne peuvent malheureusement pas en bénéficier de manière intensive et généralisée.